In Aeternam Vale – Funkytown

Né il y a 25 ans, In Aeternam Vale est d’abord un projet punk expérimental à trois têtes qui deviendra au fil des années un projet solo de Laurent Prot. Né à la suite de ses multiples expériences dans des groupes de rock et de punk de la région, d’un fort désir d’expérimentation et de s’affranchir des contraintes liées aux groupes à guitares, IAV a depuis mué vers une techno brute et sans artifices.

Les outils des premières expérimentations (les synthés analogiques et les boîtes à rythme à l’ancienne) furent aussi le moteur de sa musique. Comme il le dit lui même, « ce qui m’a poussé vers l’électronique c’est […] l’aspect mécanique minimal et horloger des premières boites à rythme et séquenceurs qui faisaient que, si on ne focalisait pas la composition et les sons sur l’essentiel, alors on pondait immédiatement une pure merde. » Ne pas trop en faire. Garder l’essentiel. Et pourtant remplir l’espace. Une mission difficile pour beaucoup, un mantra pour IAV.

Nous sommes donc très fiers d’accueillir sur nos pages aujourd’hui le nouvel EP d’In Aeternam Vale. Ce « Funkytown » contient trois titres qui s’apparentent à des voyages technoïdes qui en appelleront au clubber ou raver qui sommeille en vous. Ce qui peut paraître ironique quand on sait que Prot n’a que peu goûté aux ambiances de club ou de rave, y préférant son laboratoire sonique en banlieue lyonnaise.

Le « Funkytown » d’ouverture est un jam de 18 minutes avec ses machines qu’il n’a pas édité et qui date de 1989. Ce track assez fou nous rend schyzo avec sa dichotomie entre le groove presque disco de la basse et des claps et le côté complètement mécanique et presque militaire de la rythmique et des synthés. Où tu enchaînes pas robotiques parfaitement timés et ondulations sensuelles.

« 180 GeV », le deuxième track est aussi le plus récent des trois puisqu’il date de 2000. On est vraiment dans un mélange de techno et de sonorités industrielles avec cette basse qui gargouille. Heureusement, un peu de lumière nous parvient avec ce petit clavier aigu, telle une petite berceuse en sous-marin. Enfin, « Subway Battle » (une collaboration avec Philippe Tona, un collègue des premières années d’IAV) est en effet un sacrée baston. Tu es en 1995, tu commandes tes shots d’adrénaline au comptoir avant la fermeture du rade et tu files dans les tréfonds de la ville squatter avec les rats et les rames de ferraille. Ca va vite, ça fonce fort et ton cœur battra à t’en faire exploser la cage thoracique.

Pour faire court: trois titres, trois bombes et un voyage dans le temps sans concession. Longue vie à In Aeternam Vale.


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