fabric presents Bonobo

Appuyer sur Reset. Tu le faisais tout le temps quand ta NES/Super NES/N64 (raye les mentions inutiles en fonction de ton âge) faisait des siennes, en accompagnant le tout d’un souffle continu dans la fente de la cartouche et d’une petite prière. Reset, c’est aussi la touche sur laquelle vient d’appuyer Fabric. Après avoir sorti le 100e de ces CD mixés fabriclive, signé Kode9 et Burial, le label associé au fameux club londonien relance une nouvelle série intitulée fabric presents dont le premier volume est assuré par Bonobo, le soyeux et bienveillant artiste Ninja Tune.

En termes de programme, cette nouvelle série brassera encore plus large au niveau des guests et reflètera l’entièreté de la programmation du club. Et qui de mieux que Bonobo pour élargir les horizons ? Trip-hop, electronica, ambient, le briton est un vrai touche-à-tout. Cela dit, pour ce mix, il est parti dans des contrées plus club en allant piocher dans la house, la techno et le breakbeat notamment. Mais rassurez-vous, les textures lumineuses et aquatiques qui font la marque de fabrique du bonhomme beau sont bel et bien présentes. Le mix s’ouvre d’ailleurs sur « Flicker », un unreleased du selecteur en chef, qui est parfaitement dans cette vibe.

Et c’est déjà un truc particulièrement cool de ce mix : beaucoup d’inédits dans le tracklisting, que ce soit de Bonobo himself, ou de collègues hautement respectables. De la nouveauté, ça fait toujours plaisir, surtout quand on se prend la basse ultra-énergétique et funky de « Jacquot », morceau signé Poté. Globalement, ce mix commence avec des vibrations positives et groovy avec notamment un enchaînement implacable entre le profond « Nia » de Âme, le planant « Maia » de Durante et le tribal « Cold Harbour » de Dark Sky & Afriquoi, un de nos morceaux préférés du mix.

Le talent de Bonobo réside particulièrement dans sa capacité à trouver un équilibre entre un son smooth, solaire et groovy et des moments plus percussifs, cassant ainsi la monotonie qui aurait pu s’installer. La dernière partie du mix s’égare d’ailleurs dans ces contrées différentes. Après un passage lorgnant plus vers la techno (avec le remix du « Mirapolis » de Rone signé tonton Garnier, miam) on bouge ensuite sur un moment break/bass music (lancé par le « Rheged » de Throwing Snow et son kick sulfureux) pour finir sur des tracks fleurant un peu l’ambient. Le morceau final, « Collage of Dreams » de John Beltran, nous laissera zen et reposé, comme après un massage un peu musclé.

Fabric relance donc parfaitement la machine avec cette nouvelle série. On aurait pu craindre un truc un peu chiantos et monotone si Bonobo avait suivi la trame de certains de ces albums mais l’angliche a su explorer avec succès de nombreuses facettes de l’électronique pour servir un mix dynamique et bien construit. À noter que pour les acheteurs du CD ou du vinyl, fabric leur fournira du track by track et les fichiers mp3, de quoi s’éviter des centaines de pop-up de donzelles dénudées après avoir googlé « fabric presents bonobo 320 rar mediafire ». Que demander de plus ?


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