Loupiot appuie sur ON
Attention, attention, petite bête à surveiller… Moitié de l’ancien duo house Azbine, Loupiot vient de sortir son premier EP, On, et on se devait de vous en parler. Originaire des environs de Mâcon (tah Grizou), le lyonnais d’adoption a récemment posé ses valises du côté d’Annecy pour continuer à développer son projet musical. Ancré dans la musique électronique des années 90 et early 2000, le son de Loupiot se trouve au croisement de l’organique et de l’électronique, foncièrement imprégné de l’énergie du live. Mais commençons par le commencement.

Car avant de sortir cet EP compact et cohérent, le bougre nous avait envoyé 5 singles qui avaient de quoi nous désarçonner. En effet, ces titres apparaissent comme autant de points cardinaux, d’essais et de pistes à suivre pour comprendre les envies et les influences du musicien. Mais sans pour autant que l’on sache où celui-ci voulait en venir. Après Wanna Leave You et Un Giorno Al Mare (oula celui-ci <3), deux premiers titres planants aux relents trip-hop, il nous balance un Midnight Echoes fleurant bon les 80s, titre totalement jouissif dans son style pop électro. S’ensuit l’intimiste Boring Train, spoken word à deux voix avançant au rythme des rails. Et pour finir de nous perdre, Partir en Vrille et son riff rock signé rod habillé par le rap de Kost, un morceau de fin de soirée détraquée qui donnerait bien envie de casser deux trois meubles.
Malgré ces grands écarts, ces morceaux ont tous en commun ce son chaud, organique et plutôt lumineux. On y voit aussi une équipe commencer à se dessiner autour de Loupiot et un esprit de collectif (porté par la structure Bizou Bizar) ressort des différentes vidéos illustrant ces titres. En parallèle à ses expérimentations, Loupiot a eu la chance de rentrer dans le programme d’accompagnement du Brise Glace d’Annecy, lui permettant ainsi de developper un live avec machines et instruments. Cette contrainte d’un rendu cohérent lui a insufflé une énergie de création et l’a certainement forcé à choisir puis creuser un même sillon. De ce live naitra finalement On, ce premier EP.
Celui-ci s’ouvre sur Lights On, titre ô combien cohérent tant on semble deviner un lever de soleil en introduction. Celle-ci laisse place à de nombreuses couches de synthés entremêlées avant qu’une basse ronflante et une rythmique rapide et entraînante prennent le relai. Une parfaite mise en jambes avant un Move On dansant à souhait, laissant monter des machines un climax bruitiste, derrière lequel paraissent poindre quelques fragments de guitare. Turn On s’ouvre ensuite sur une boucle entêtante de synthé qui sera au fur et à mesure agrémentée de nappes plus aériennes et d’une rythmique rapide et saccadée. L’EP se clôt parfaitement sur Carry On, titre breaké à souhait, légèrement en décalage avec les trois titres précédents mais bigrement réussi (peut-être notre préféré).
Une bien belle conclusion à ces quinze minutes de voyage pour le corps et l’esprit, à cette balade entre dancefloor et contemplation. On traverse ce quart d’heures comme si le rythme nous maintenait les pieds sur terre dans le club tandis que nos pensées dérivent, emportées par les boucles et les nappes synthétiques. Loupiot illustre déjà sa maîtrise dans la construction, couche par couche, de tourbillons mentaux, laissant le corps faire sa vie dans l’oeil du cyclone.
On pensera parfois à Moby ou aux Chemical Brothers, des références pas forcément à la mode aujourd’hui, peut-être même légèrement surannées, mais toujours d’une efficacité redoutable. On aura aussi en tête The Blaze, que ce soit dans les rythmiques parfois presque cachées derrière les à-plats de synthés et les basses bourdonnantes, mais aussi dans le fait qu’on imagine parfaitement sa musique illustrer de belles images. Avec cette première carte de visite, Loupiot a su recentré son propos et proposer sa version d’une électro vivante et organique. Une chose est sûre, le bouton On est désormais solidement enclenché. On souhaite bon courage à celui qui voudra mettre Loupiot sur Off.
Vous pouvez suivre Loupiot sur Instagram ici. Pour regarder ces clips et vidéos, c’est par là. Et pour streamer les morceaux, direction dans ce coin-ci.





