Notre Palmarès 2014

Les classements, c’est chiant. Alors nous on préfère décerner des trophées, médailles et autres breloques aux gens qui ont, d’une façon ou d’une autre, illuminé notre année. En sachant pertinemment qu’on a oublié plein de choses parce qu’on n’est pas des machines. Du coup on fera une séance de rattrapage avec tous nos oublis et les choses que l’on a pas encore eu le temps de digérer.

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Trophée ‘Messi/CR7’ de la réalité froide des statistiques : Metek – Riski

Lorsqu’il s’agit de choisir le disque de l’année, on peut se creuser la tête longtemps. On peut aussi tout simplement regarder les chiffres. Quel est celui que l’on a le plus écouté ? Depuis sa sortie, Riski a martyrisé bon nombre de systèmes son, de la maison à la caisse en passant par des pauvres enceintes d’ordi dans des soirées où personne n’en a rien à foutre d’entendre Gwadanigga sauf moi. Rendons-nous donc à l’évidence, Riski est notre disque de l’année.

Médailles ‘Henry 2006/Sneijder 2010/Ribéry 2013’ des gars qui auraient pu être juste au dessus (clique pour en savoir plus):

Dopegems – Neck Snappin’

The Orwells – Disgraceland

Migos – Rich Nigga Timeline

Prix ‘Spurs 2014’ du règne du collectif : les compilations qui ont fait notre année

My Love Is Underground chez Favourite Recordings: un bijou de compilation dont on vous a déjà parlé par ici.

Mobilisation Générale chez Born Bad Records: on a toujours tendance à oublier les sorties du début d’année, n’oublions pas que celle-ci reste au dessus du lot .

Guts & Mambo – Beach Diggin 2 chez Heavenly Sweetness: peut-être moins marquante que la première mais toujours aussi bien pour la plage et le reste.

Mention charbonneur invétéré : le travail de fou de Samy Ben Rejeb et de l’équipe d’Analog Africa qui sont sur un sans-faute depuis un bon bout de temps maintenant.

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Grand Prix 2014 du Haut-Parleur Salutaire : Les studios Dailymotion

Évacuons tout de suite ce point là : oui, leur lecteur est pourri même si avec un petit adblock de rien du tout, ça roule pas trop mal. Venons-en maintenant au contenu. En créant des partenariats avec plusieurs équipes qualifiées pour parler de sujets ne bénéficiant que de trop peu d’exposition, Dailymotion a fait beaucoup pour nous faire passer une bonne année. Si on ne regarde pas toutes les chaînes proposées, trois programmes figurent déjà parmi les immanquables : l’Abcdr du Son (on vous conseille grandement leur cinq émissions de rétro 2014), le Hoopcast pour tout savoir de la NBA et Deeper Than Rap pour le rap US (une mention spéciale pour Musique Info Service également, même si le format est parfois difficile à supporter). Se dégagent de ses programmes une ambiance décontractée avec, parfois, le brin d’amateurisme rafraîchissant qui fait du bien. Longue vie à Dailymotion.

Podium (sans ordre particulier) des chansons qui seraient des tubes dans un monde meilleur:

Vaudou Game – Pas Contente

Teme Tan & Noza – Améthys

Redinho – Sharp Shooter

Médaille AKH de la meilleure Face B : Gallagan – Just Before

L’EP Chicagone de Gallagan est de très bonne facture. Deux gros morceaux house de qualité sur la face A, il n’y a rien à dire. Mais cette face B est tellement sublime et groovy à souhait… Imparable. On en redemande.

Promotion 2014 du label « Live Intense »

The Roots à Vienne: Quand on les a vu dans la programmation 2014 de Jazz à Vienne, il est possible que l’on ai un peu oublié le reste. Le concert ne nous a pas déçu. Énergie, sourires, jeux avec le public, classiques du groupe revisités, reprise bien senties, tout y était. Un des grands souvenirs de Vienne ces dernières années.

A2H à la Marquise: Pas le même cadre ais ce que j’ai aimé dans ce concert, c’est le fait qu’A2H se soit battu pour remporté l’adhésion du public. Car même s’il était la tête d’affiche, il a fallu plusieurs morceaux avant que le public ne soit à point et A2 a redoublé d’efforts pour nous maintenir bouillants durant tout le set. Un vrai concert de rap comme on en voit désormais trop peu. Il a mouillé le maillot et sa gouaille et son humour ont fait le reste. Bravo.

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Bombino et Quantic au Club Transbo : On finira par deux concerts du Club Transbo qui nous ont transporté dans des contrées lointaines. Le rock touareg de Bombino d’abord, où la guitare du virtuouse a craché les décibels sans interruption. La cumbia détonnante de Quantic ensuite, avec un public chauffé à blanc et heureux d’être là. On est contents quand la prog du Transbo prend ce genre de tournure.

Mention spéciale: Ez3kiel et son nouveau live au Transbo.

Trophées sans nom des œuvres inclassables :

Les Marquises – Pensée MagiqueUn disque à part qu’il vous faut écouter d’urgence. En plus, la pochette réalisée par Mario Zoots est sublime.

Dorian Pimprenel – Allombon: Pop acide un chouïa vintage et flottante, ce disque est une preuve de plus du super boulot de Born Bad Records. A écouter d’urgence si ce n’est déjà fait.

Prix « Don Corleone en fin de parcours » du gangster fatigué et un peu déprimé: A-Wax sur Pullin’ Stringz

C’est également un des disques de rap de l’année. Le rappeur de la bay nous a sorti un petit bijou. Il habite ces instrumentales tenant lieu d’écrins à son spleen de vieux de la vieille. Pour en apprendre plus sur ce personnage hors-norme on vous recommande chaudement cette émission de Deeper Than Rap.

Médaille en Nutella des bons moments Paperboys de l’année: 

Tailler le bout de gras avec Erotic Market à la terrasse d’un café.

Se taper l’affiche avec vous au Transbo cet été.


Prix « quand juvabien c’est juvamine » du truc mongole répété en boucle qu’on retiendra à vie : O.T. Genasis – CoCo

Encore meilleur avec un vine de panda.

On n’a pas trouvé le temps d’en parler pendant l’année mais on a beaucoup aimé :

Florent Pélissier Quintet – Biches Bleues: Cette année, on n’a pas beaucoup suivi l’actualité jazz. Mais cela ne nous a pas empêché de tomber sur un disque superbe dont on avait pas eu le temps de parler, Biches Bleues du Florian Pellissier Quintet sorti chez Heavenly Sweetness. Pas de révolution formelle ici mais neuf morceaux qui nous font voyager de l’Amérique à la France, des années 60 à aujourd’hui. Du bop, parfois hard, mais fichtrement bien réalisé, sans fioritures inutiles mais avec une vraie âme.

“Qasar contre Pulsar” par Matthieu Lefèvre, Alexis Beauclair et Etienne Chaize aux Editions 2024: Nous laisserons le soin à d’autres de parler de bande dessinée, encore plus lorsqu’il s’agit d’une œuvre aussi à part que celle-ci. C’est en néophyte (et ami d’un des auteurs) que l’on a découvert ce magnifique livre. Intriguant il l’est pour sûr et les lecteurs terre-à-terre et cartésiens ne trouveront probablement pas leur compte dans cette histoire où se mêlent dessin de remodelage du cosmos, pliage d’espace et de temps et romance). Esthétiquement, ce livre est pourtant une réussite totale. On ne possède pas les termes techniques mais des couleurs, aux décors, en passant par les lettrages, l’agencement des cases, les contrastes entre tous ces éléments (notamment entre les personnages et les décors), jusqu’à sa couverture, tout nous interpelle et flamboie.


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