Gary Gritness

Raw funky shit. Si on devait décrire en quelques mots la musique de Gary Gritness, je pense que ce genre d’expression retranscrirait plutôt bien nos pensées. Armé de ses machines et d’un swag intersidéral, Gary Gritness est un des multiples alliasses de Slik Tim, génie du 5-4. Multi-instrumentiste, producteur, arrangeur, compositeur, vous avez pu le croiser aussi bien à la basse sur des tracks de gospel house, à la gratte dans son trio de jazz The Good Lawdz ou derrière les fûts de son projet Dopegems. Pour faire court, le mec est du genre versatile, comme disent nos amis d’outre-Atlantique.

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Et un chouïa hyperactif sûrement aussi. En effet, depuis une grosse année, le garçon a décidé d’explorer plus à fond une voie supplémentaire. Gary Gritness nous a donc offert déjà deux EPs sortis chez Clone Records, les deux premiers chapitres des Adventures of Gary Gritness. Le programme de ces aventures est simple : un cyberfunk qui te trimballerait dans les rues de Detroit, d’Atlanta ou de la Bay Area. Ridance dans les States de 2097.

Dans les deux premiers chapitres de ce voyage cinématographique (mot passe-partout employé pour décrire une musique qui t’emmène directement dans une ambiance, un décor, que tu pourrais décrire comme si tu l’avais sous les yeux quand bien même ceux-ci fixent juste une plaque de cire qui tourne en rond), tu passeras du siège passager d’un maquereau qui vient relever les compteurs (Poisonous Hoes), aux méandres du cerveau d’un junkie en pleine montée de paranoïa (The Betrayal) ou de celui d’un hustler en train de calculer toutes les probas et résultats potentiels du deal qu’il est en train de passer (Wrong Type Deal) pour finir à l’arrière d’un bouge où tu verras des corps s’entrechoquer plus que de raison (The Filth Dome).

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Avec ces deux EPs, Gary G. a posé les jalons de son son. Un bon son brut pour les truands comme disait l’autre. Avec le prochain projet qu’il s’apprête à sortir en avril chez Hypercolour, The Sugar Cane Chronicles, il arrondit un peu les angles. Les ingrédients sont toujours les mêmes (mélodies funk, boîte à rythme brutes, basses profondes) mais les compositions sont moins sombres et plus douces, comme le nom de l’EP le laisse suggérer. Sur Fly Shit tu rideras en skate au calme, le long du Pacifique, l’esprit léger, un jus de banane à la main. Tu souriras aux Working Girls depuis ta Caddillac, du sourire des faux chômeurs qui ont «l’or dans la bouche et l’argent dans la poche », avant d’aller t’ambiancer en club et développer tes dernières techniques de drague sur Preachin’ Some Tight Game. En rentrant à 7h du mat, l’autoradio jouera Stayin Strong Hand, morceau qui te fera un peu tourner la tête, la faute à ce disc-jockey qui a joué trop fort ou à ces courbes incroyables que tu as guetté toute la soirée. Et qui sont maintenant installées sur le siège de droite.

Vous l’aurez compris, sans un seul mot, Gary Gritness vous raconte des tonnes d’histoires. S’il fallait finir de vous convaincre, le mec a été adoubé par Mad Mike d’UR. Et a préparé une relecture dantesque de la bande originale de DOOM, le cultissime jeu vidéo sorti il y a 22 ans maintenant. Bref, Gary G is the shit.


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