2017 en 5 projets rap lyonnais

2018 est déjà là, avec son lot de nouvelles résolutions aussi éphémères qu’un papillon, et l’heure du bilan a sonné pour celle qui l’a précédé. Alors que le lyonnais dont on aura le plus entendu parler en 2017 est Laurent Wauquiez…  Douloureux… Il est grand temps de mettre en avant les gones qui utilisent le micro à bon escient, eux. Le cru lyonnais est éclectique : parfois doux, parfois vigoureux, mais toujours savoureux. Pour vous, nous avons concocté une sélection de cinq produits locaux pour rappeler à quel point la ville regorge de talents. 69 la trique !

Moucham x Gee Saauce – $unny Ku$h

Doté d’une formation musicale variée (rock, reggae, dubstep…), Moucham arrive au rap à 20 ans avec Les Crevards de la Plaine et écume les salles de concert pendant quatre ans sous les yeux de la Bonne Mère. A 25 ans, c’est à Lyon qu’il pose ses valises et s’associe, pour son premier projet, avec Gee Saauce, un beatmaker originaire de Paris. Ensemble, ils produisent entièrement $unny Ku$h (enregistrement, mixage, mastering, visuels). Et l’alchimie fonctionne si bien qu’on en vient à déplorer cette vieille rivalité opposant Paris et Marseille.  Gee Saauce nous offre un voyage au soleil grâce à des instrumentales lentes et mélodieuses sur lesquelles Moucham dépose son timbre de voix chaud, grave et parfumé à la Kush. Avec un flow calibré et des productions de qualité, le duo inaugure d’une belle manière la naissance de Haute Couture Label.

MvzooFuck Endemol

Issu du Leonionnaire Mob, Mvzoo a beau être ralenti par l’effet du lean, il est plus productif – et utilise mieux l’autotune – que ton rappeur préféré. Fuck Endemol est son quatrième EP solo de l’année, sans compter ses autres projets, notamment avec Lyonzon – véritable laboratoire rassemblant son Mob, le RTT Clan et Francis Trash. Loin des émissions produites par la société Endemol (Secret Story, Loft Story, Money Drop…), le lyonnais fume et sirote sa dose dans son Manoir. Désabusé, il « offre sa vie à toutes [nos] erreurs » sur des productions hypnotisantes, parfois macabres, livrées par le talentueux coach Rolla. Des artistes de qualité, à l’image de Jorrdee, Lala Ace (667) ou encore Retro X viennent marmonner leurs flows nonchalants et confirment ce que Mvzoo affirme sur Vos Erreurs : « On a l’talent, ils ont les sous ».

 

Majdon Co.OKINAWA DSTR

Originaire d’Annecy, Majdon rôde avec la crème de l’underground lyonnais qui développe un rap innovant, toujours à la recherche de nouvelles sonorités – que ce soit au niveau de la production instrumentale, des flows  ou de l’utilisation de l’autotune – à l’image de Lyonzon.  Inspiré par Eikichi Onizuka, sur sa mixtape, le rappeur de Francis Trash nous fait découvrir le lifestyle d’Okinawa (japon) à sa manière. Il y côtoie Nicky Larson puis fly avec Pegazus, avant de balancer la Nitro pour aller rider dans le Beautiful Mordor, Chupachups au bec. Stimulé par des prods aussi efficaces que diverses, dont une bonne partie est signée Izen, « Majdon vise toujours plus haut ». Icare sans la chute.

 

Lcysta x IzenAlchimie

À 22 ans, Lcysta (prononcez L-cysta) sort déjà son cinquième projet ! Pour cette mixture, il s’associe à son partenaire au sein du groupe Fayaboy’Z, l’ultra-productif Izen aka Izenberg (qui cuisine notamment pour Lyonzon et son crew 4.5.3). Sorti sur le label Candy Groove, cet album est mélodique, dense et varié. Du boom-bap à l’électro, en passant par la trap, les ingrédients se mélangent sans fautes de goût grâce à un dosage précis d’Izenberg. Maîtrisant son flow jusqu’à être à l’aise en chant, Lcysta crache le feu et adapte la cuisson selon les plats préparés par Izen. Et quand il s’agit de faire la guerre aux Willy Wack, le MC excelle. Bien que la formule s’essouffle par moments, du fait de la difficulté de l’exercice  (hormis un feat, Lcysta assure seul les 49 minutes de l’album), le projet cache quelques Pépites fondantes et prouve que l’Alchimie opère entre Lcysta et Izen, aka l’Entrepreneur et le chef cuistot.

 

Dairbon x KeedoMention AB

C’est à l’époque des premiers Rap Contenders que Dairbon, alors en cinquième, se passionne pour le hip-hop. Une décennie plus tard, le MC de la Croix-Rousse jongle entre les bancs de l’EFAP, où il étudie la communication, et les planches des Valseuses, une scène locale, qu’il foule avec son crew Indissociable. Sur sa première galette, dont le titre fait référence à ses initiales et sa mention au BAC, Dairbon joue avec les mots pour parler de Jojo la bicrave, sa vie et ses potes. Et ce qui est certain, c’est qu’il ne continuera Pas sans eux. Aussi à l’aise en story-telling qu’en égotrip, le rappeur nous offre un rap sincère mis en valeur par les beats de Keedo qui maîtrise la science de la boucle. La vibe est old-school, les flows sont carrés et les samples nous prennent  aux tripes. La recette est ancestrale et bien connue, mais quand elle est bien réalisée, on ne s’en lasse pas.


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