Kaba & Hyas – Bangerz Only

Hatem et Karim. Penny et Shaq. Al Pacc’ et Bob De Niro. Kaba et Hyas. Voilà où on en est. Sûrement pas inconnus au bataillon des diggers lyonnais que vous êtes, le duo revient ce jour avec un nouvel EP, Wooferz Only. Sept titres, sept balles. Une politique zéro déchet comme les deux loustics nous y ont habitués depuis le début de leur collaboration en 2K23 et la sortie du premier Music 4 Tesla. Ce nouveau disque est l’occasion pour nous de faire un focus sur eux et surtout de vous encourager à streamer leur musique, acheter leurs disques et les voir sur scène.

Justement, quand j’ai pris au visage les premières notes de Speed Up, je me suis demandé une fois de plus : « mais bordel, le rap sur la house marche tellement bien, pourquoi personne ne le fait » ? Alors bien entendu, c’est faux : rien qu’en France, Grems le fait depuis un bail. Mais ce son, qui me semble pourtant si efficace et qui a un potentiel scénique dingue, ne remporte pas à mes yeux le « succès » qu’il pourrait. Après une courte réflexion, plusieurs facteurs rentrent sûrement en ligne de compte.

De un, pour que cela ne ressemble pas à la bouillie mainstreamo-fête-forraino-fadeupesque, il nous faut un producteur spécialisé en musique électronique et pas un gars qui a fait trois soirées dans une boîte éclatée en banlieue d’Anvers. Secundo, il nous faut un rappeur qui ait un peu de culture dans ce son. Grems le disait bien à l’époque : faisons les choses sérieusement, comme les anglais, en respectant certains codes qui feront que tout ça va bien sonner. Enfin, ce rappeur doit aussi être prêt à ne pas prendre toute la place et à s’adapter aux productions. Bref, il fallait deux gars prêts à former un vrai duo pour créer leur son.

Au fur et à mesure des projets, on peut l’affirmer, Kaba et Hyas ont clairement rempli cette mission. En partant d’une base très house et UK Garage, ils ont élargi de plus en plus la palette des courants électroniques qu’ils explorent : juke, footwork, bmore, breakbeat, etc… La polyvalence des deux compères permet de varier les ambiances et de parfois « calmer le jeu » (tout est relatif ^^). On retrouve ainsi au fil des projets une même patte sonore qui balaye une variété de styles. Une spécificité qui fait que l’on n’a pas l’impression de sauter du coq à l’âne d’un morceau à l’autre.

Ce Wooferz Only en est d’ailleurs l’exemple le plus criant. Lancé par l’ultra-efficace Trop de mal, un banger dans la veine de certaines autres balles déjà parues, il enchaîne avec Magic Stick, prod de footwork sur laquelle Kaba et ThaHomey crachent leur flow DMV pour rapper des textes entre insolence et touches de conscience. Troisième track, troisième style. Le titre Bmore Luv résume parfaitement le morceau : une rythmique Bmore, un petit clavier sirupeux juste ce qu’il faut pour accompagner le chant rnb de Kaba. Une petite douceur avant la guerre.

Car avec Débris, c’est bien de cela qu’il s’agit. BPM élevé, claviers et samples bien rétro, refrain répétitif, il y a tout pour que ce track soit une dinguerie absolue en live. Et comme quoi, le tracklist est réfléchie, ils enchaînent avec une interlude juke, quasi instrumentale, qui nous permet de reprendre nos esprits doucement. Pour terminer, ils nous balancent un Jeu de Jambes sauteur à souhaits (« J’arrive tchikiyeaaah ») avant ce qui est sans doute mon morceau préféré, Adebisi. Une rythmique prohibée à tous les cardiaques, une petit rhodes bien jazz, des couplets chauds et un refrain catchy comme Kaba sait parfaitement nous en cuisiner : « on va pas changer la recette hein ?!»

Vous l’aurez compris, on est complètement fan de ce que proposent Kaba et Hyas. Il était donc important pour nous d’apporter notre petite pierre à la propagande pour vous inciter à découvrir leur musique et à aller les voir en live, où l’énergie des morceaux est décuplée.

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