Dillon Cooper
La Revanche du Rookie

Il y a 4-5 ans, le tout jeune Dillon Cooper fut présenté comme le renouveau du rap new-yorkais. La grosse pomme, en mal de reconnaissance depuis la prise de pouvoir des sons du sud et de l’ouest, se cherche des icônes qui puissent reprendre le flambeau de ses illustres aïeux. Mais un peu comme lorsque la France a vu fleurir les nouveaux Zidane (Meriem, Meghni, Gourcuff, etc…), ces comparaisons hâtives sont souvent un poids trop lourd à porter pour ces artistes qui n’en demandaient pas tant. Deals pourris ou projets moyens, peu sont ceux qui ont réussi à maintenir la barque à flot.

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La famille de DC est originaire de la Barbade avant de bouger vers Brooklyn. Guitariste depuis son plus jeune âge et un peu paumé après le lycée, il finit avec une bourse de la Sean Carter Foundation (si tu ne sais pas qui est Sean Carter, tu sais quand même qui est Sean Carter) au Berklee College of Music, une des écoles les plus célèbres du pays. L’environnement musical de Dillon Cooper part donc dans tous les sens : le rock de par ses influences parentales, le jazz et la soul via l’école et la découverte du rap grâce à son frère. Pour lui, être un rapper est « cool as fuck » mais il rêve alors toujours d’être Jimi Hendrix.

Simplement, quand tu es guitariste à Berklee, tu n’es qu’un mec parmi d’autres. Et ça, Dillon n’aime pas trop. Du coup, aidé par un pote, il commence à rapper et à s’enregistrer. Quand le DJ de Wiz Khalifa passe dans la boutique où il bosse, il lâche un couplet pour se faire offrir des places de concert. Et là, c’est le choc. L’ambiance est tellement folle que Cooper se dit « c’est ce que je veux faire ». La machine est ensuite lancée. Un premier clip pour « Shadows » qui tourne beaucoup et la tape « Cozmik » dans la foulée sont des succès. Les connections se font avec ses copains de NYC (la Beast Coast des Underachivers et Flatbush Zombies, le Pro-Era de Joey Bada$$) et il tourne jusqu’en Europe (il squatte même avec le Wu en Allemagne).

Après ce départ canon , le chemin ne fut plus aussi simple. Signé dans la foulée sur le label New-yorkais 1009 Records, il sort une autre mixtape, « X:XX » en 2014 pour surfer sur ce premier succès. Ensuite, des annonces sont faites (notamment d’un EP avec beaucoup d’instrumentations live) mais rien ne sort. Des shows Colors  et quelques morceaux nous parviennent mais rien de notable jusqu’à ce « Supernova EP » sorti en fin d’année dernière. Parmi ces 5 titres, on retrouve la griffe Dillon Cooper sur les quatre premiers, avec instrus très mélodiques et fast flows. Le dernier morceau, Supernova, est sûrement celui qui correspond le plus à son désir de montrer sa musicalité : grosse orchestration, chant, on pense parfois à Big K.R.I.T. Un titre qui dénote et une vraie réussite.

Une chose est sûre, après tout ça Dillon Cooper a une dalle d’enfer. Et il rappe toujours fort (très très fort). On ne doute pas qu’il retournera la scène du Ninkasi mardi prochain comme il l’avait fait au Sonic il y a un peu plus de deux ans. La bonne nouvelle ? On vous offre des places ! Pour tenter votre chance, rendez-vous sur notre page Facebook.


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