L.O.A.S. – NDMA

DFHDGB, cette petite bande-là progresse à chaque sortie et ce disque de L.O.A.S. en est une nouvelle confirmation éclatante. A les écouter, ce n’est que le début. D’ailleurs, c’est même écrit noir sur blanc dans le livret de NDMA: « La prochaine fois sera meilleure ».

L.O.A.S.-NDMA-La-Prise-de-la-Pastille

«Je descend en enfer, je vous ramène quelque chose?»

Et bah apparemment, tu nous as déjà ramené quelques productions de là-bas en bas. Le cercle de producteurs qui compose l’équipe présente sur le disque ressemble un peu au début d’un épisode de Mask.

 

 

Un épisode qui aurait été tourné entre les recoins des internets et les lisières de l’industrie : Roro (allez choper sa tape Charles Pasqua Money si vous avez tellement de retard que ça), Akeda, Nodey, Holos Graphein, Tomalone (allez checker son Spare Time EP) et les « habitués » Krampf, DJ Pie et Robotnik. Le bon goût dans le choix des prods est peut-être une qualité trop sous-estimée en France (#SyndrômeLino). Mais Dieu (ou Belzebuth) sait que le crew, sous la houlette de son jeune gourou Krampf, possède cette qualité. Une équipe hétéroclyte qui ne remet pas en cause l’homogénéité du projet. Qu’on soit dans la lourdeur avec Derrière les cyprèset Déjà Mort, qu’on navigue entre éléctro et pop avec Parce queNDMA ou La vie ou qu’on sorte à peine la tête du gouffre comme dans Les lingots ou Bagdad Wagner, on atteint un niveau de qualité qui donnerait envie (ou devrait donner envie) à pas mal de rappeurs.

 

 

“Buenas noches señor… Hace fresquito he…”

Pour faire un disque fort, ce qu’NDMA est indéniablement, il faut aussi que l’alchimie soit puissante entre le rappeur et ses productions. Et c’est là que les progrès ont été fulgurants. L.O.A.S. est un sacré interprète et sait jouer avec la prod sur laquelle il pose. Une certaine idée de la versatilité. Car oui, la voix est souvent forcée, aigüe et criarde. Mais quand on s’ouvre les trippes comme sur Les lingots ou La vie, pourquoi devrait-il en être autrement? Et puis le chant a aussi la part belle (comme depuis le début, souviens-toi de C2C). Comme ils le disent dans l’excellente interview vidéo chez l’Abcdr du Son, une approche plus pop ne leur fait pas peur et le chant, devenu ces derniers temps un des outils important de la panoplie du rappeur, fait partie intégrante de cette approche.

 

 

“Le bonheur ne s’achète pas mais la drogue oui, et c’est presque pareil”

Presque. Derrière les bons mots et les phases “islamo-pornographe-cubiste”, on voit aussi poindre des morcaux d’âme à récupérer à la volée. Bien entendu sur “La Vie” (dont l’instrumental concocté par Krapmpf est admirable tant les idées qui la composent sur le papier devaient normalement donner une purge inécoutable: un sample suraïgu de Patrick Juvet vs. une rythmique et des breaks rock) mais pas que. Bref, avalez la pillule, tendez l’oreille et plongez un bon coup.


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