Quand :
15 juillet 2017 @ 20 h 30 min
2017-07-15T20:30:00+02:00
2017-07-15T20:45:00+02:00
Où :
Jazz à Vienne
Coût :
36
SEU JORGE + ... @ Jazz à Vienne

Seu Jorge, l’un des chanteurs contemporains les plus talentueux du Brésil, est devenu célèbre en 2004 grâce au film A Life Aquatic de Wes Anderson (très librement inspiré des aventures du commandant Cousteau). Dans son rôle de Pelé do Santos, un marin chanteur, il y interprétait des morceaux de David Bowie en portugais, seulement accompagné d’une guitare acoustique. « Si Seu Jorge n’avait pas chanté mes morceaux dans cette langue, je n’aurais jamais entendu cette nouvelle beauté qui les a imprégnés » déclarera David Bowie.

Douze ans plus tard, le 10 janvier 2016, la star britannique disparaît brusquement. Depuis novembre, Seu Jorge est en tournée aux États-Unis pour rendre un hommage sensible et décalé au Thin White Duke. Le Brésilien interprète les titres de la fameuse bande originale en recréant sur scène des éléments de A Life Aquatic. Il interprète alors les chansons cultes de Bowie : Changes, Rebel Rebel, Five Years, Space Oddity.

Avec son groupe The Electric Epic, le saxophoniste natif d’Annecy (en 1980) fait d’abord monter (dès 2009) la pression dans le landernau du jazz contemporain. Trois ans plus tard, John Zorn lui-même le décrit comme « une nucléaire d’émotions » et publie sur son label Tzadik cette fusion extravertie, panoramique et électrique. Entre métriques funky et harmonies plus abstraites, entre le métal, l’électro et le souffle brulant du free, entre l’Afrique et le psychédélisme, la musique du Savoyard provoque indiscutablement un choc. Après deux albums remarquables avec Electric Epic, Guillaume Perret se risque aujourd’hui au solo intégral avec son nouvel opus Free (2016).

Encore faut-il s’entendre sur la notion de solitude chez Perret, proche de celle que Deleuze énonçait au début de Mille Plateaux : « Comme chacun de nous était plusieurs, ça faisait déjà beaucoup de monde. » On pourrait en effet évoquer la démultiplication quasi symphonique du saxophone et ces cycles rythmiques en boucles étourdissantes qui rendent Guillaume Perret multiple, enveloppant et tellement spectaculaire.

Après Ocupai (2013), le second disque de Bixiga 70, la proto fanfare brésilienne débarque avec III (2015), un disque qui voyage toujours entre Afrique et Amérique du Sud. La dizaine de musiciens aguerris issus du quartier de Bixiga à Sao Paulo peaufine depuis sept ans une fusion inédite, irrésistible, d’afrobeat, de funk et de musiques sud-américaines traditionnelles. Parmi les nombreuses formations qui excellent au Brésil dans le métissage des genres, on remarque Bixiga 70 par la puissance de ses polyrythmies afrobeat héritées des tambours Yorubas du Nigéria (le 70 de leur nom est une référence au groupe de Fela Kuti : Africa 70).

Le gang, très cuivré et percussif (quatre cuivres, trois percussionnistes), électrique, mêle avec bonheur la métrique de son funk tropical aux rythmes sud-américains les plus populaires : le carimbo, le candomblé, la samba, la salsa, la cumbia. Épicé de sonorités électro, secoué de ska, ce cocktail brésilien démonte bel et bien les genoux.

 

Keziah Jones est né en 1968 à Lagos, Nigeria, au sein d’une famille aisée de la capitale. À l’âge de 8 ans il est envoyé en Angleterre pour poursuivre ses études. À Londres, il apprend le piano et la guitare. Autodidacte, il crée peu à peu un étonnant jeu rythmique mêlant funk princier, psychédélisme façon Hendrix, reggae en pur palmier d’Ikeja et harmonies Yorubas. Il nomme cela le BluFunk. Keziah Jones hante quelques pubs anglais du cœur de Londres, puis il débarque à Paris. Il est repéré en 1991 dans le métro. L’album Blufunk Is a Fact et le titre Rhythm is Love font un tabac international.

Après une traversée du désert relative dans le milieu des 90’s, la chance tourne à nouveau en 2003 avec Black Orpheus, son quatrième opus, puis l’imparable Nigerian Wood (2008). Entre Los Angeles, l’Espagne et ses fiefs de Londres et Lagos, notre fun Keziah finalisait en 2013 un ambitieux double album. Le dandy sapeur est bel et bien parti à la reconquête de son public.

 

Con Brio est formé en 2003 par sept musiciens qui partagent une même passion pour ce funk et cette soul psychédélique qui furent les spécialités de la Bay Area de San Francisco. C’est là que se sont épanouis Sly and The Family Stone, Tower Of Power, The Headhunters ou Darondo. En 2015, quand le groupe produit son premier EP Kiss The Sun, Con Brio est déjà une institution sur la côte Ouest grâce à leurs concerts magnétiques et à la souplesse vocale du chanteur Ziek McCarter.

Après quelques tournées aux États-Unis et en Europe aux côtés des vétérans Galactic et Fishbone, les Californiens two tones entrent en 2016 en studio pour capturer l’énergie communicative de leurs concerts. Le résultat s’appelle Paradise, un album au fil duquel « Nous avons essayé de créer un arc narratif, de la même façon que l’on enchaîne les morceaux en live », explique McCarter. Con Brio est aujourd’hui passé par les planches des principaux festivals américains, Bonnaroo, Lollapalooza ou Summerfest, ne laissant derrière lui que des cendres. Un bon signe.

 

Dans la lignée des grands trios pour piano, dans le prolongement de “Big Moe Trio” (en 2010), peaufiné depuis son fief toulousain, le nouveau projet d’Amaury Faye trace sa propre voie. Il s’inspire aussi bien des artistes de la scène new-yorkaise contemporaine que des derniers courants du jazz européen.

En 2014, Amaury Faye est parti étudier au Berklee College de Boston avec la pianiste Joanne Brackeen (Stan Getz, Dexter Gordon) ou encore Tia Fuller (Joe Lovano). En parallèle de son trio, le pianiste est également membre du collectif toulousain Initiative H. Son répertoire en trio est constitué de compositions originales et de quelques standards réarrangés. Il y mêle improvisation et écriture, virtuosité et finesse, lyrisme et rythmes ondulatoires (au Fender Rhodes, notamment). Jeune espoir du piano international, Faye est aujourd’hui reconnu autant pour ses talents de soliste que de compositeur. Amaury Faye, Louis Navarro et Théo Lanau mettent tout l’héritage du passé au service de l’avenir.