Perchépolis lance un nouveau concept expérimental : La Mouche sur le Cuir – première édition – aura lieu les 29 et 30 avril dans le quartier moderne/chic de Confluence à Lyon. Une version repensée et approfondie des séries de Château Perché proposées, depuis deux ans, par une bande de cinq potes. Étienne et Samy, deux des fondateurs, sont passés papoter dans les locaux de Paperboys. Ils ont laissé derrière eux une trainée de poudre fraîche de fêtes libres berlinoises.

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Avec les trois éditions de Château Perché, Perchépolis a envoyé de la grosse paillette depuis les donjons. Ils ont cassé les codes de cultures en mélangeant le mondain et le contemporain, château vs techno. Trois ans plus tard, ils se font la malle de la campagne et débarquent à Lyon avec une version poussée, peaufinée et plus conceptuelle: La Mouche sur le Cuir.

Pour cette première, Perchépolis se positionne du côté de l’interdisciplinaire et invite plus de 100 artistes (du Dj ou performer) sur plusieurs scènes et espaces dédiés aux ateliers et aux installations. La Mouche sur le Cuir dévoilera ses surprises au compte-gouttes via des parcours et différents espaces expérimentaux où l’intensité visuelle et sensorielle seront les mots d’ordre. Étienne – un des jeunes orga – s’inspire du Loup des steppes d’Hermann Hesse. Il imagine plonger son public dans un théâtre magique, où de longs couloirs cacheraient des portes que les gens traverseraient pour participer à des activités délurées. L’ambiance est posée; ce sera féériquement barré.

L’idée principale étant de resserrer les liens, de quitter le mode d’échange unique entre individu et musique pour créer une hystérie globale. En bref, du spirituel et de l’expérimental. Un défi bien entamé, comme avec ce spectacle de clown en burka ou avec les ateliers de découvertes de fluides corporels animés par des guides chamanes.

Le lieu, connu pour accueillir la Biennale d’art contemporain ou Nuits Sonores, n’est autre que la Sucrière (Perchépolis avoue tout de même avoir longtemps lorgné sur un ancien siège social de télécom aux multiples salles dans la banlieue lyonnaise). Pour que l’ancienne usine de sucre corresponde à leur identité visuelle, Perchépolis doit tout repenser, ré aménager.

Avec Château Perché, nous avons importé un mode de fête qui existait déjà en Allemagne. Tandis que la Mouche sur le Cuir est un événement expérimental. On va proposer des choses à voir, à toucher, à sentir.

Qui voudrait entrer dans l’univers de la Mouche sur Le Cuir devrait se renseigner sur les clubs et festivals qui ont déteint sur lui. Un dimanche à Berlin, du côté du Kater Blau ou du Berghain, Samy ou Katy ne seront certainement pas loin.

On retrouvera également la Perchépoli’s band au Fusion festival – qui n’aura pas lieu cette année – mais qui reste leur principale source d’inspiration pour Château Perché. L’univers naturel des scènes fabriquées en bois et les chills en matériaux de récupération sont des sources d’idées précieuses. Le collectif est également admiratif de ce festival pour la liberté totale qu’il incarne et son côté intimiste (avec tout de même une fréquentation de presque 100 000 personnes) par exemple, il n’y a pas de parcours de circulation au Fusion.

Le CTM festival fait aussi partie des inspirations fortes pour la Mouche sur le Cuir. Les 20 ans d’expérience multidisciplinaires mettent des claques de créativité d’après les gars. « C’est un berceau de nouvelles musiques électroniques avec un mélange d’arts numériques. Une programmation osée et ouverte sur les genres ».

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Mais quelle mouche les a piqués ? Samy, Katy, Olivier, Tiphaine et Étienne sont tous potes depuis la sixième. Clermontois de base et installés à Berlin, ils disent avoir monté Perchépolis pour importer les fêtes allemandes (incontestablement trop bonnes pour ne pas dépasser la frontière). Samy, initialement en période de stage à Berlin, n’en est jamais revenu. Dans l’avion, une rencontre décisive lui tombe sur le nez; une jeune fille qui bossait pour le collectif Stay Free. Il  intègre le groupe et avec eux il apprit à organiser une teuf en moins de six mois. « Stay Free ose des trucs de fou, ils aiment la liberté la vraie et s’entourent de gens qui l’aiment aussi. Ils sont en Inde en ce moment ». Au bout de deux mois, Samy lâche son stage. Il décide de monter un festival, avec Katy qu’il rencontre avec Stay FreePerchépolis naît donc sur une base d’amitié. Les rejoignent Olivier puis Étienne (alors en master de socio en Californie).

L’inspiration du collectif vient évidemment d’ailleurs. D’un désert hippie californien par exemple, où Étienne a passé plus d’un an. Dans cette commune auto-gérée (de 26 habitants pour la dernière qu’il a fréquentée) tous les habitants vivent en harmonie, ils participent aux tâches sans négocier d’argent, mangent ensemble sur de grandes tables. « Par exemple pour le réseau Internet, un mec de Croatie – qui avait demandé le statut de réfugié – a créé un darknet spécial pour la commune ».  A ce moment-là, il bossait également pour un label indépendant, Hieroglyphics recording.

Les communes sont des lieux extrêmement créatifs. Berkley et San Francisco sont des bouillonnements intellectuels et culturels comme Berlin en Europe.

Ce n’est pas après un after aux acides, mais plutôt suite à de longues journées de brainstorming, que  le nom du festival La Mouche sur le Cuir tombe comme une évidence. Cette expression marocaine signifie que d’un coup de main, on peut se faire balayer telle mouche. Les mecs avouent que les autorités leur mettent des bâtons dans les roues. « Cela arrive souvent dans l’organisation d’événements. Et ce n’est pas parce que les soirées électroniques se généralisent en France que les autorisations sont plus faciles à négocier.

Les pouvoir publics sont nos ennemis. Impossible aujourd’hui d’organiser un festival perdu dans la Drôme par exemple sans un dispositif anti-voitures béliers

Ils auraient également apprécié, à Lyon, pouvoir faire la fête jusqu’à 12 h, comme cela se fait naturellement à Berlin. La Sucrière fermera donc à 4 h. Comme l’heure n’est pas la plus propice à la sobriété, Perchépolis a dans l’idée d’organiser des off/afters éparpillés dans Lyon. Pour monter ce festival, ils ont réuni toutes les énergies et compétences environnantes, ils tiennent à créer un truc qui tient la route. Loin d’avoir atterri à Lyon par hasard, leur réseau et leurs potes sont ici. Plusieurs surprises non dévoilées sont a découvrir pour la première édition de La Mouche sur le Cuir. On a hâte de voir ça !



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